Review concert: Alesana + Loveless + Tahoe + Behind The Tales + Mind The Thorns @ Le Batofar (31.08.15)

Pour beaucoup, le 31 août représente la fin des vacances et la reprise du quotidien. Cependant, il est hors de question de se laisser aller dans la déprime ! Et pour remédier à cela, quoi de mieux que d’assister à un concert, histoire d’oublier la rentrée durant quelques heures? Pas de soucis, c’est notre philosophie de tout temps, et on va donc vous parler du concert où nous nous sommes rendu ; celui d’Alesana et de ses guests.

La soirée démarre donc à 19h avec Mind The Thorns, qui arrive sur scène, un groupe ayant pour nous un air de déjà vu. Et pour cause, nous avions déjà pu retrouver les français aux côtés de Glamour Of The Kill, en mars dernier, sur cette même scène. Dès le début, on remarque une nette amélioration de la voix de la chanteuse, Séverine, qui se fond beaucoup plus dans la musique (définit comme alternative/post-hardcore). Il y aura même quelques têtes qui remuent dès le premier titre. Au cours du set, la chanteuse tentera même de séparer la foule en deux pour un mini wall of death qui a eu du mal à partir même si les personnes les plus motivées du public finiront par se lancer. Profitant de la présence de Behind The Tales sur l’affiche, son chanteur, Romain, rejoindra la scène pour screamer le temps de la chanson Fake. Pour ceux qui redécouvraient Mind The Thorns on peut clairement dire qu’il y a une nette amélioration vocale et scénique, signe d’une belle évolution du groupe !

Vient ensuite Behind The Tales qui nous interprète cette fois-ci leurs propres morceaux. Définit comme du modern metalcore, les accords envahissent la salle sur un son tout de suite beaucoup plus lourd, avec un mélange de chant clair et de scream, ce qui éveille le public. Les nombreux riffs de guitares continuent de faire monter la pression dans la foule jusqu’à l’apparition d’un circle pit. Certains iront s’y défouler, tandis que d’autres taperont dans leurs mains, remueront la tête ou danseront. A l’annonce d’un nouveau titre, et au vu des quelques personnes très réceptives, on peut soit en déduire que Behind The Tales possède son petit cercle de fans ou bien qu’ils ont un cercles d’amis accrocs à leur musique, puisqu’ils se laisseront tranquillement emporter par leurs sons. L’un des deux guitaristes ira même jusqu’à poser son instrument un instant pour se jeter dans le public et y mosher. Bonne ambiance, musique imposante voilà ce qui résume le passage de ce deuxième groupe.

Une heure vingt s’est écoulée depuis le début de la soirée, et c’est au tour de Tahoe de venir nous transporter avec leur musique. On est tout de suite touchée par l’harmonie musicale amenant presque à une mélancolie et ça n’est en rien négatif ! Une personne ira même jusqu’à sortir son briquet durant un titre ! Comparé aux deux premiers groupes, Tahoe n’a pas eu de chance, la salle était quasiment vide à leur arrivée. Passage en avance ou non vérification de l’heure par le public ? En tout cas, cela ne perturbe pas les membres du groupe qui donnent tout ce qu’ils ont pour combler le peu de personnes face à eux. Apparemment personne n’a encore mal à la nuque à ce concert car les têtes remuent de nouveaux au fil des chansons. On ressent l’influence d’Architects chez Tahoe mais il ne s’agit que d’une simple influence pour le quintette parisien, et non pas d’un copier coller, attention ! Ils ont leur propre marque de fabrique et, d’ailleurs, Mika (chant) sait parfaitement jongler entre le chant clair et un chant plus poussé, même s’il faut avouer qu’il ne tient pas toujours dans la justesse… Malgré tout, on vous conseille vivement d’aller vous attarder sur leur EP, Wonders, avec pour seul risque ; celui de faire une belle découverte.

21h10. Ce n’est pas le moment de faiblir, car la soirée n’est pas encore terminée. C’est au tour de Loveless de faire son apparition, un groupe tout droit venu de Londres. Musique sombre et « We Are Loveless » scandés par trois des cinq membres du groupe, c’est ainsi que le groupe démarre son set avant de continuer sur quelque chose de plus rythmé. Et même si l’instrumental est très bon, il est complètement gâchée par le chant qui est plus que faux. Néanmoins, durant le set le chanteur se laissera prendre en photo avec un fan sans pour autant se détourner de son chant et jouer avec les photographes tout en étant proche de son public, ce qui pardonne à moitié la non justesse de sa voix. Bien que leur présence scénique n’est pas à nier, le manque de communication entre les chansons est également à noter. Pourtant leur passage réussira à chauffer le public avant Alesana, puisqu’il est impossible de renier le rythme instrumental imposé par Loveless.

Maintenant que le public s’est bien défoulé sur les quatre premiers groupes, il est temps pour la tête d’affiche d’arrêter de se faire désirer. Alesana est à peine monté sur scène que la foule les acclame et s’agite dès que les premières notes sont jouées. Ce qui est certain, c’est que le screamer n’a rien perdu de sa voix depuis toutes ces années. On est tout de suite envahi par un scream très..brut et grave. Malgré tout, le premier pit de ce set n’apparaît qu’à la troisième chanson et ne dure pas plus de la moitié de celle-ci. La foule préfère simplement scander les paroles et danser. Dennis (scream) est une vraie pile électrique. Quand il ne remue pas la tête, il se suspend aux poutres, et c’est donc pris dans cet entrain qu’il tire sur son t-shirt au file des chansons, jusqu’à le déchirer complètement et finir par s’en débarrasser dans le pit. Quelqu’un aura donc gagné un t-shirt déchiré et trempé (un beau souvenir quoi…) Chaque titre est accueilli avec enthousiasme par les fans, ce qui explique ainsi le passage du micro à quelques personnes par le screamer, pour entonner un mot ou une phrase. Malgré le style de musique d’Alesana, et l’ambiance sur les autres groupes, il n’y a pas vraiment de mouvement pendant leur set, simplement quelques têtes qui remuent et des gens qui chantent. Ca reste un peu plat au final. Néanmoins, la proximité entre le groupe et ses fans est indéniable, échangeant tout le long du set avec eux. Sur Apology, un des morceaux les plus connu du groupe, ce sera même la foule qui scandera l’intro. Dennis ira même jusqu’à descendre de scène pour aller s’amuser sur le solo avec ses fans.

Au final, ce passage d’Alesana restera assez décevant, notamment à cause de l’ambiance qui retombait dès qu’elle arrivait. Même si le concert n’était pas sold out, le groupe se sera donné à fond. Cependant, il aura manqué ce petit quelque chose qui aurait pu rendre ce concert encore plus appréciable.

Chronique: Romane Di Stefano
Photos: Christophe Soulas

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